Tu marches, les yeux aux ciels, rivés sur les millions de flocons qui dégringolent en douceur. Mais que font-il là? Vous savez, par terre, c'est froid. Mais il paraît que c'est leur destin, qu'ils n'ont pas le choix. Alors tu joues avec eux un moment, tu les évites, tu les attrapes du bout de la langue, puis tu les laisses à leur sort.
Plus tard tu croises un oiseau, il tourbillonne dans les airs. Tu l'admires. Tu l'envies. Comme il a l'air libre, comme il a l'air bien. Qu'il est beau. Mais tu entames la disscussion et il te détrompe bien vite. S'il reste là-haut, qu'il s'épuise, qu'il cherche désespèrement des courants pour planer mais que l'air est si calme, c'est qu'il redoute de se poser au milieu des renards et des chats, que c'est bientôt la nuit et qu'il ne sait pas ce qu'il subviendra. Il sait qu'il faudra qu'il cède mais à quel prix? Peut-être celui de sa vie!
Alors tu continues ton chemin, tu n'as toujours pas trouver l'être au quel tu aspires. Tu rencontres l'homme. Un homme, prostré sous un abri-bus, terré et emmitouflé dans tant de veste que tu distingues à peine ses yeux luisants. Il se cache de la neige, il attend, il s'impatiente, il s'énèrve. Il s'agite et il se dégage une négativité intese. Tu l'aproche et discute avec lui. Pourquoi tant d'agitation? Le bus ne vient pas! Il fait froid! J'ai les pieds mouillés! J'en ai marre! De toute façon rien ne va! Le boulot m'ennuie! Ma femme encore plus! Mes gosses me pompent le fric que je m'escrime à gagner! Et puis rien n'en vaut la peine, enfin, heureusement que y'a mon ordinateur, enfin un peu d'évasion! Mais pour ça faut que ce putain de bus vienne enfin!
Déçu, et même écoeuré de cet homme dont on t'avait quand même pas mal parlé, tu continues ton chemin. Devant toi tu distingues alors une faible lumière, qui s'éteind quelques instants plus tard. Tu avances. Une vielle femme devant toi. Tu lui demandes pourquoi elle a éteind la lumière. Pour mieux observer les étoiles répond-elle. Et pourquoi porte-t-elle ces vêtements si loufoques? Parce qu'ils me tiennent chaud pardi! Et maintenant assied-toi et observe. Tu prends place à ces côtés et lève les yeux sur le ciel étoilé. Milliers de soleils brûlants au firmament, l'air est froid et sec, mais tu sens comme la chaleur des monarques laiteux lointains qui réchauffe doucement tes membres engourdis. Enfait cette sagesse mystérieuse enveloppe ton âme d'une douce aura réconfortante. Et tu comprends enfin. C'est le sage que tu viens de rencontrer. Et c'est cette sagesse qui te mènera au bonheur, si tu sais profiter des choses simples de la vie. Tu dis aurevoir à la vielle femme et la remercie.
Et tu t'en vas. Satisfait, car tu sais que le bonheur est sur ton chemin, il te suffit d'y prêter garde.